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Rétrofit électrique : une pratique désormais autorisée en France !

Par Nikolas - Publié le 10/04/2020

Lecture : 3 min


 

A l'étude depuis plusieurs années, le rétrofit électrique, pratique visant à transformer un véhicule thermique en un véhicule électrique, s'ouvre en grand les portes du marché français. Une évolution rendue possible suite à l'examen de la Commission européenne mi-février, au cours duquel les commissaires n'ont rendu aucune objection concernant la démocratisation de cette pratique en France dans les prochains mois.

 

Démarreur de voiture avec l’inscription Change to electric now

Rétrofit électrique : un point décisif marqué par la Loi d’Orientation des mobilités

Promulguée en fin d'année dernière, la Loi d'Orientation des mobilités (LOM) a permis la mise en place de nouvelles règles destinées à favoriser la transition énergétique du parc de véhicules actuellement en circulation en France. Au cours des délibérations, plusieurs échanges ont concerné un texte corédigé par les pouvoirs publics et l'Association des Acteurs de l'industrie du rétrofit électrique (Aire). Son petit nom ? « Projet d'arrêté relatif aux conditions de transformation des véhicules à motorisation thermique en motorisation électrique à batterie ou à pile à combustible ».

Concrètement, il s'agit d'un texte visant à encadrer la transformation des voitures thermiques essence ou diesel, aussi bien les véhicules particuliers que les véhicules utilitaires, en voitures électriques. Ce document doit aussi servir de nouvelle référence concernant les normes d'homologation des véhicules électriques résultant du rétrofit.

 

 

L’association AIRe se réjouit du marché potentiel du rétrofit en France

Espacées de quelques semaines, l'entrée en application de la loi LOM et le verdict de la Commission européenne sont deux feux verts décisifs pour le développement du rétrofit en France. Suite à ces annonces favorables, Arnaud Pigoudines, co-président de l'Association AIRe, n'a pas caché son enthousiasme en conférence de presse, évoquant l'étendue des nouvelles possibilités qui s'ouvrent aux entreprises du secteur.

"Demain, une conversion très sécurisée sera enfin possible pour les véhicules immatriculés depuis plus de 5 ans. C'est pour nous tous, la reconnaissance d'une solution alternative vertueuse répondant aux nouveaux enjeux de mobilité. Enfin, nous pourrons développer une filière positive, répondant à l'enjeu d'une économie circulaire et surtout porteuse d'emplois."

Convertissez vos voitures thermiques à l’électrique grâce au rétrofit

Comment s'y prendre pour transformer un véhicule thermique en véhicule électrique ? L'intervention nécessite de profondes modifications dans le système de motorisation de votre voiture diesel ou essence. De nombreux éléments propres aux véhicules thermiques sont en effet incompatibles et/ou inutiles aux modèles fonctionnant à l'électricité. La première étape consiste ainsi à extraire le moteur thermique, le réservoir et le pot d'échappement de votre voiture. A la place de ces différents éléments, il convient d'installer un moteur électrique, des batteries et une prise qui vous permettra de faire le plein d’énergie sur une borne de recharge électrique adaptée.

Des freins encore perceptibles… mais des objectifs ambitieux pour le rétrofit automobile

Si plusieurs pays européens tels que le Royaume-Uni, l'Italie et l'Allemagne sont déjà coutumiers de ce procédé, la France a encore quasiment tout à construire pour une utilisation harmonisée du rétrofit électrique. Une perspective qui n'effraie pas les acteurs du secteur, pleinement investis pour une reconnaissance de cette méthode. S'exprimant à ce propos, Aymeric Libeau, Secrétaire général de l'Association AIRe, évoque le sérieux et l'implication dont font déjà preuve de nombreuses entreprises sur ce sujet.

"Nous voulons faire du rétrofit quelque chose de très sérieux et de très sécurisé, c'est pourquoi nous prenons le temps de travailler sur chacun des modèles que nous allons faire homologuer."

Le principal bénéfice de l'approbation européenne est la possibilité d'homologuer automatiquement tous les véhicules d'un même modèle, sitôt qu'un véhicule avec les mêmes spécificités a été transformé et officiellement homologué. Cette décision vient ainsi sérieusement faciliter la tâche des entreprises adeptes du rétrofit électrique, qui étaient jusqu'à présent contraintes d'homologuer chaque véhicule transformé au cas par cas.

Avec les évolutions réglementaires au niveau national et européen (arrêt de la commercialisation des véhicules essence et diesel d'ici 2040, multiplication des zones à faibles émissions qui font la part belle aux véhicules électriques...), le rétrofit a une très belle carte à jouer au cours des prochaines années. Un problème majeur reste toutefois à résoudre : le coût. Transformer un véhicule thermique en véhicule électrique représente en effet une dépense moyenne de 10 000 euros, ce qui peut rapidement s'avérer dissuasif.

Alors que les constructeurs cherchent à innover pour réduire les prix de certains de leurs véhicules électriques neufs, le rétrofit va devoir suivre leur exemple et s'accompagner d'avantages économiques concrets pour espérer convaincre, à l'image de la fiscalité avantageuse en vigueur sur le marché de l'électrique. "Nous savons que le secteur du rétrofit va bénéficier d'une prime mais nous n'en connaissons pas encore le montant", explique Aymeric Libeau. Le champ des possibles est donc encore très large pour favoriser l'essor du rétrofit électrique. Les industriels du secteur ne semblent toutefois pas inquiets puisque plusieurs entreprises pronostiquent 350 000 véhicules convertis à l'énergie électrique dans un délai de 5 ans à partir de l'adoption pleine et entière de la pratique.

 
 
 
 

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