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Crit’Air 1 : pas d’ouverture en faveur du biodiesel

Publié le 14/02/2020

Lecture : 2 min


 

L’assouplissement des normes Crit’Air vis-à-vis du diesel n’aura pas lieu. Le gouvernement a en effet refusé début février d’intégrer le biodiesel dans les véhicules classés Crit’Air 1, en raison des émissions encore constatées sur les modèles les plus récents.

 

Diesel contre biodiesel : quelles différences ?

Lors de vos passages à la pompe, vous avez sûrement déjà aperçu des carburants tels que le diesel B7 ou le diesel B10. Il s’agit de gazoles avec une certaine teneur en biocarburant (ou biodiesel), identifiable grâce aux spécifications « B7 » ou « B10 », qui font référence à des diesels comprenant respectivement 7% et 10% maximum de biocarburant.

Comment est fabriqué le biodiesel ? La composition de ce carburant bio repose sur l’utilisation d’Esters Méthyliques d’Acide Gras (EMAG), produits à base de matières oléagineuses telles que les graisses animales, le colza, le tournesol ou encore diverses huiles alimentaires. Transformés chimiquement, ces composants permettent, grâce à un mélange avec du gazole classique, de créer ce diesel bio. Comparé au diesel mais aussi à l’essence « classique », le biodiesel favorise une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

ZFE : les centres-villes continuent de tourner le dos au diesel

Les atouts du biocarburant, couplés aux évolutions technologiques sur les derniers véhicules diesel (injection directe, système SCR, AdBlue etc.), n’ont toutefois pas suffi à convaincre le gouvernement d’assouplir le dispositif Crit’Air à l’encontre du diesel. Entré en application en 2017, ce système de vignettes continue d’exclure le gazole de la catégorie 1, en raison des polluants émis par les véhicules utilisant ce carburant. Conséquence directe : les véhicules diesel et biodiesel voient leur circulation restreinte dans de nombreuses collectivités qui ont défini des Zones à Faibles Emissions (ZFE) dans leurs centres-villes (Paris, Lyon, Grenoble etc.).

Interrogée à ce sujet début février par Sud Radio, Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire, s’est exprimée en faveur d’un développement accéléré des énergies alternatives : « La vignette Crit'air 1 n'est pas ouverte au diesel. Le diesel [bio] émet moins de CO2 mais il faut aller de l'avant et se projeter encore plus dans la transition écologique pour changer les véhicules. Je pense qu'on serait bien inspiré de passer à des véhicules électriques ou au biogaz. ». Derrière cette déclaration, on devine un autre constat qui peut expliquer cette prise de position. En effet, il n’existe actuellement aucun moteur roulant uniquement avec un biocarburant. Les conducteurs peuvent donc librement faire le plein en diesel ou en biodiesel, avec le risque de fausser les critères d’attribution des vignettes Crit’Air.

Une décision qui s’inscrit dans la continuité logique de la transition écologique soutenue par les pouvoirs publics, à l’image de la Loi LOM, promulguée fin 2019 et qui a entériné l’arrêt total de la commercialisation des véhicules diesel et essence en France à l’horizon 2040, au profit des moteurs hybrides et électriques.

 

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