Pneus rechapés, pneus d’occasion : comment influent-ils sur votre TCO ?

Par Fabien - Publié le 12/10/2011, mis à jour le 17/09/2019 

Lecture : 6 min


 

Dans sa quête d’un TCO performant, la gestion de flotte réclame d’être attentif à l’ensemble des éléments constitutifs des véhicules. Les pneus font partie des priorités : ils s’usent rapidement, sont susceptibles d’engendrer des coûts importants et sont essentiels à la sécurité. Pour réduire les dépenses, certains peuvent se laisser tenter par les pneus rechapés ou d’occasion… Est-ce un choix judicieux ? Et si oui, quels sont leurs avantages ?

 

visuel39 pneus rechapes occasion

 

 

Entre l’alternance été / hiver, les changements réguliers ou ceux liés à un accident : les modifications de pneumatiques sont fréquentes. Pour les entreprises qui souhaitent réduire les coûts de leur flotte de véhicules liés à l’achat de pneus et ainsi améliorer leur TCO, il existe deux solutions :

 

- les pneus rechapés selon un processus réglementé. Ils présentent aussi l’avantage de réduire la consommation d’énergie, des ressources (90 % de matériaux recyclés) et de diminuer les émissions de CO2 lors de leur fabrication. C’est aussi une bonne façon de réduire les déchets pneumatiques ; Il est possible d’en acheter dans des magasins spécialisés et dans d’autres enseignes sur Internet. A la clé : des économies pouvant aller jusqu’à 40 % par rapport au prix du neuf.

- les pneus d’occasion, encore moins chers, normalement vérifiés par les centres, mais avec lesquels il est nécessaire de contrôler quelques points. Pour vous les procurer, il est possible de passer par des sites de revente entre particuliers, avec une fiabilité risquée, mais aussi des sites plus spécialisés. Les prix varient évidemment fortement en fonction de leur état, mais lorsque les économies sont importantes, assurez-vous que ce ne soit pas au détriment de la sécurité.

 

Pneus rechapés : les avantages de la réparation…

Les manufacturiers chargés du rechapage analysent minutieusement les pneus à remettre sur pied. En effet, les techniciens effectuent plusieurs interventions :

 

- le brossage, qui consiste à retirer la bande de roulement pour se débarrasser des impuretés de la « carcasse » (le support) du pneu ;

- le gommage, qui permet de remplacer ces éléments par des matériaux neufs ;

- le rechapage, lors duquel une bandelette de gomme neuve est appliquée sur l’ensemble de la bande de roulement. Cette dernière et les flancs redeviennent ainsi comme neufs !

 

Une fois l’opération effectuée, ces pneus sont facilement reconnaissables puisqu’ils disposent de la mention obligatoire « retread ».

 


Une affaire de poids lourds... Mais pas uniquement !

Même si la grande majorité des pneus reconditionnés sont destinés au marché poids lourds (85 %), les véhicules de tourisme peuvent aussi être concernés (12 %). Pour les poids lourds, près d’un pneumatique sur trois est rechapé.


 

Les pneus reconditionnés sont-ils fiables ?

visuel40-pneus-rechapes-occasion-refonte.jpg

 

Depuis 2002, les tests de performance effectués pour s’assurer de leur qualité (charge et vitesse) sont les mêmes que ceux des gommes neuves. Ils sont par ailleurs soumis à des règles de sécurité similaires.

 

Par ailleurs, pour pouvoir exercer, les ateliers de rechapage doivent être homologués par le Ministère des transports. Pour obtenir le sésame, les exigences de qualité sont fortes. Elles dépendent par exemple du choix des matériaux neufs, de la pose et de la cuisson de ceux-ci ou encore des vérifications effectuées aux différents stades du processus.

 

 

Comment vérifier l’état des pneus d’occasion ?

Si vous faites le choix de l’occasion, les garanties sont moindres. Il est donc nécessaire de vérifier vous-même la qualité des pièces vendues. Plusieurs éléments doivent être considérés avec attention :

 

- les sculptures, dont la profondeur minimum est de 1,6 mm. Vous trouverez des témoins d’usure dans les rainures de la bande de roulement du pneu, au même niveau que le marquage TWI (« Tread Wear Indicator », qui marque l’emplacement du témoin d’usure) sur le flanc. Sur un pneu neuf, la profondeur est de 8 mm ;

- les flancs, qui peuvent être craquelés à cause des changements de température et des différentes contraintes attaquant le caoutchouc (roulement, poussière de frein, pollution…). Regardez également s’il y a eu des hernies liées à une structure métallique déformée (petites bosses) ;

- sur l’ensemble, les signes de crevaison et les altérations de la gomme ;

- les valves et bouchons, des détails qui peuvent causer des soucis d’étanchéité et bien évidemment une perte de pression rapide ;

- l’uniformité des pneus entre eux, remise en cause par un mauvais équilibrage ;

- l’âge des pneus, indiqué sur le flanc.

 

Bien entendu, comme pour les pneus neufs, assurez-vous que ceux d’occasion sont aux dimensions correspondant à votre véhicule. Vous pouvez retrouver cette information sur le manuel d’entretien.

 


Le saviez-vous ? 

Dans la plupart des stations-service du Groupe Total, le gonflage des pneus est gratuit.

Connectez-vous à cette page pour localiser ces stations (puis cochez "gonflage" dans la rubrique "services") : http://www.total.fr/pro/carte-gr/ma-carte-gr-en-pratique/trouver-station-service-gr.html


 

Pneumatiques : des performances variables

L’état des pneus, mais aussi le niveau de gonflage, jouent un rôle dans :

 

- les distances de freinage, notamment sur sol mouillé avec des risques d’aquaplanage accrus ;

- les consommations de carburant ;

- l’adhérence, particulièrement dans les virages ou lorsque la chaussée est imparfaite.

 

Concernant les pneus rechapés, la performance au freinage peut être inférieure à celle de pneus neufs. Autre inconvénient : ils sont parfois plus bruyants, même si la différence est légère.

 


TCO : des économies encore plus importantes ?

visuel41-pneus-rechapes-occasion-refonte.jpg

 

Si les pneus d’occasion permettent déjà de faire des économies, l’avantage sera peut-être encore plus important d’ici quelques mois.

En effet, le Premier ministre Edouard Philippe souhaite libéraliser le marché des pièces détachées. L’objectif annoncé : « réduire sensiblement les prix », de 6 à 15 % estime-t-il, s’appuyant sur des chiffres de l’UFC-Que choisir datant de 2010. Un amendement au projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), déposé par des sénateurs socialistes en mars dernier, va dans ce sens, même s’il a depuis été rejeté par le Sénat. Mais le projet n’est pas enterré...


 

 

Sur le même thème