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Angle mort : l’UE se positionne pour des camions plus sûrs

Publié le 13/03/2020

Lecture : 3 min


 

Les cinq prochaines années seront placées sous le signe du renforcement de la sécurité des poids lourds. C'est en tout cas le souhait de l'Union européenne, qui s'est mise en ordre de bataille pour rendre obligatoires plusieurs équipements favorisant une conduite plus sûre pour les véhicules de transports de marchandises. En tête de liste : un dispositif visant à réduire les risques liés aux angles morts.

 

De la voiture aux poids lourds : en finir avec les risques liés aux angles morts !

Objet d'échanges tripartites entre le Parlement européen, le Conseil européen et la Commission européenne, la sécurité générale des véhicules devrait prochainement être enrichie par de nouvelles dispositions. En avril 2019 un accord provisoire a ainsi été trouvé pour réviser le règlement actuellement en vigueur à ce sujet, appliqué à tous les types de véhicules. Cette décision constitue une étape essentielle pour la mise en place de nouvelles obligations en matière d'équipements de sécurité, notamment pour les poids lourds qui circulent en Europe.

Parmi les principaux systèmes d'aide à la conduite (ADAS), les détecteurs d'angle mort reviennent avec insistance, en raison du bénéfice indéniable qu'ils représentent pour la sécurité des usagers fragiles tels que les cyclistes et les piétons. La volonté de l'Union européenne est de rendre ce dispositif obligatoire sur tous les nouveaux modèles commercialisés à partir de mai 2022. Les modèles existants auraient quant à eux jusqu'à 2024 pour se munir de cet équipement.

 

La France milite pour des camions avec rétroviseurs d'accostage et détecteurs d'angle mort 

Parallèlement aux discussions européennes, des prises de position ont rythmé l'actualité en France au cours des derniers mois. Lors des délibérations parlementaires liées à la Loi d'Orientation des Mobilités (LOM), deux amendements ont ainsi été déposés à l'Assemblée nationale. Le premier visait à rendre obligatoire la mise en place d'un autocollant sur les véhicules poids lourds. L'objectif ? Indiquer aux usagers fragiles tels que les cyclistes où se situent les angles morts sur les camions, de manière à ce qu'ils se positionnent en conséquence sur la chaussée.

Le second amendement renforçait la compétence des maires, en leur donnant la possibilité d'interdire certains périmètres de leurs villes aux poids lourds supérieurs à 3,5 tonnes et n'embarquant pas de dispositif permettant d'identifier la présence de piétons ou de cyclistes dans leurs angles morts (antéviseurs, rétroviseurs d'accostage ou encore détecteurs d'angle mort).

En dernière lecture, ces deux amendements n'ont finalement pas été retenus dans le texte promulgué. Une situation qui n'a toutefois pas découragé les partisans d'une sécurité renforcée pour les véhicules poids lourds, à l'image de Christophe NAJDOVSKI, Adjoint à la Mairie de Paris. En charge des transports dans l'équipe municipale parisienne, ce dernier s'est en effet déclaré en janvier dernier en faveur des interdictions de circulation dans la capitale à l'encontre des les camions non équipés d'un dispositif anti angle mort.

Sécurité poids lourds : d’autres équipements obligatoires d’ici 2024 ?

Au-delà des détecteurs d'angle mort, les élus européens ont listé plusieurs autres équipements à rendre obligatoires dans un délai maximum de 5 ans. Parmi les préconisations formulées se trouve notamment le régulateur intelligent de vitesse, qui enverra des alertes aux conducteurs pour les informer en temps réel qu'ils commettent un excès de vitesse. Un avertisseur de somnolence et de perte d'attention est également souhaité, en raison des gages de sécurité que cela apporte dans le cadre de longs déplacements routiers.

Un système électronique de surveillance de la pression des pneus et un éthylomètre antidémarrage font eux aussi partie intégrante des réflexions menées par les représentants européens. Aux constructeurs désormais de se mettre au diapason, afin de fournir aux entreprises des véhicules conformes aux exigences européennes, pour leur permettre de préparer le renouvellement de leur flotte.

Un besoin déjà relativement bien anticipé par les principaux leaders du marché, comme le souligne Elzbieta BIENKOWSKA, Commissaire européenne en charge du marché intérieur, de l'industrie, de l'entrepreneuriat et des PME. « Bon nombre des nouveaux dispositifs sont déjà en place. Il s'agit maintenant de relever uniformément le niveau de sécurité et de préparer le terrain pour la mobilité connectée et automatisée du futur. » Derrière d'évidents enjeux sécuritaires, tous ces nouveaux équipements constituent en effet de premières briques pour la généralisation du véhicule autonome dans les prochaines années.

 

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