Radars pédagogiques et utilisation d’avertisseurs : où en est-on ?

Par Antoine C. - Publié le à 26/08/2015, mis à jour le 17/09/2019 

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Suppression des panneaux avertisseurs de radars, durcissement des sanctions en cas d’excès de vitesse, interdiction des avertisseurs de radars… Les mesures annoncées par le gouvernement pour enrayer la progression de la mortalité routière, au début de l’été 2011, ne sont pas restées sans réponse… Deux ans après l’annonce de ces mesures, où en est-on ?  

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Radars pédagogiques

En juin 2011, la suppression annoncée des panneaux avertisseurs de radars fixes a soulevé de nombreuses protestations d’élus et d’automobilistes. En réponse, le Comité Interministériel de la Sécurité Routière (CISR) est revenu sur sa position et a proposé, en compensation, le déploiement de radars pédagogiques. Explications.

 

Qu’est-ce qu’un radar pédagogique ?

 

Ces radars détectent les excès de vitesse, renseignent les conducteurs imprudents sur la vitesse à laquelle ils roulent et sont non pénalisants. Certains affichent aussi un visage tantôt approbateur tantôt désapprobateur, selon la conduite du chauffeur. En constante amélioration, la prochaine génération de radars pédagogiques indiquera également le nombre de points que l’on peut perdre et le montant de l’amende associée.

 

A propos de leur implantation

 

L’objectif du CISR ? Remplacer systématiquement chaque panneau annonçant un radar par un radar pédagogique, dans la zone amont des radars fixes. Une zone pouvant s’étendre sur plusieurs centaines de mètres, voire plusieurs kilomètres. Selon le site de la Sécurité routière, 1 898 radars pédagogiques ont été déployés sur les routes françaises au 1er mai 2013.

 


A noter :

La mise en place d’un radar pédagogique en amont d’un radar fixe ne constitue pas une obligation réglementaire. Ainsi, toute contestation d’infraction suite à l'absence d’un radar pédagogique ou d’un dysfonctionnement d’affichage de l’appareil ne peut être reçue.


Fin des avertisseurs

Personne n’y croyait il y a quelques années, mais c’est pourtant une réalité aujourd’hui : les avertisseurs de radars sont devenus « hors-la-loi », au plus grand désarroi de leurs utilisateurs.

 

Qu’est-ce qu’un avertisseur de radars ?

 

Par avertisseur de radars, on désigne tous les dispositifs (boîtier, fonction intégrée à un GPS ou application sur un téléphone mobile), qui permettent au conducteur de connaître précisément la position de son véhicule et qui l’alertent lorsqu’il approche d’un radar fixe ou d’une zone connue de contrôle radar. Tous fonctionnent sur le principe d’une base de données partagée, enrichie à distance et en temps réel par les utilisateurs eux-mêmes. Ceux-ci se préviennent mutuellement de la présence d’un radar repéré. Il ne s’agit en aucun cas de systèmes capables de brouiller le fonctionnement des radars ou d’en repérer la présence, strictement interdits en France et ceci, depuis toujours.

 

Un bras de fer perdu d’avance

 

L’échéance est tombée le 11 mai 2011 : tout usager pris en infraction, c’est-à-dire en possession d’un avertisseur de radars, écopera désormais d’une amende de 1 500 € et d’un retrait de 6 points sur son permis de conduire. A l’annonce de cette nouvelle, trois des plus gros fabricants ont aussitôt fait cause commune pour demander la levée de l’interdiction… En vain : un protocole d’accord a fini par être signé au mois de juillet 2011, entre le Ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, et les représentants de l’Association Française des Fournisseurs et utilisateurs de Technologies d’Aide à la Conduite (AFFTAC), entérinant la disparition définitive des avertisseurs de radars.

 

Des avertisseurs de radars aux outils d’aide à la conduite…

 

Depuis janvier 2012, les outils d’aide à la conduite, conformément aux consignes du Comité Interministériel à la Sécurité Routière, ne peuvent signaler au conducteur que deux types d’informations :

 

- les « sections de voies dangereuses »,

- les « points de danger précis ».

 

Les sections de voies dangereuses (inventoriées sur la base des données de l’Etat et des informations transmises par les utilisateurs d’appareils) comptent au moins 4 km sur le réseau autoroutier, 2 km hors agglomération et 300 m en agglomération. Les points de danger précis désignent indifféremment un obstacle au trafic, un passage dangereux, un endroit où se concentre un public fragile ou une source de danger temporaire.

 

L’offre des fabricants…

 

Pour appliquer les consignes énoncées par le Comité Interministériel à la Sécurité Routière à leurs outils d’aide à la conduite, les fabricants d’avertisseurs de radars, ont, pour la plupart, privilégié l’approche par « section ».

 

- Un mode de lecture par zone

 

Certains d’entre eux indiquent ainsi au conducteur les sections « à problèmes » selon des niveaux de dangerosité. Wikengo a ainsi élaboré le mode de lecture suivant :

 

– zones de danger, définies à partir des données permanentes de l’entreprise et des informations communiquées par l’Etat,

 

– zones à risque, définies à partir des alertes envoyées par les utilisateurs,

 

– zones à risque potentiel, définies à partir de statistiques basées sur les alertes des utilisateurs.

 

- De la prévention routière

 

Coyote reprend le même langage, plus simplifié, assorti d’un code de couleur :

 

– rouge pour les zones de danger et les zones à risque,

 

– jaune pour les zones de perturbation.

 

Toutefois, le fabricant a ajouté des messages de sécurité routière, notamment au démarrage de l’appareil ou de l’application.

 

- Et plus encore…

 

D’autres constructeurs proposent une option « limiteur de vitesse ». Chez Navirad, le conducteur disposera d’un système à 7 niveaux fonctionnant selon 3 modes au choix :

 

– mode local automatique, établi en fonction des seuils de vitesse en vigueur en France,

 

– mode pluie automatique, établi en fonction des seuils de vitesse en vigueur en cas d’intempéries en France,

 

– mode utilisateur manuel, dont les seuils sont définis par le conducteur lui-même.

 

Dans les trois cas, une tolérance de 5 km/h par défaut est comptée, réglable à la convenance du conducteur.

 


Quid des radars ?

Il n’est désormais plus question de renseigner explicitement le conducteur sur la localisation de radars ou de contrôles routiers éventuels opérés par les forces de l’ordre. En revanche, grâce au mode collaboratif qui a été maintenu, les utilisateurs sont tacitement autorisés à en informer la communauté tantôt en tant que « section de voie dangereuse », tantôt en tant que « point de danger précis ». Petit bémol tout de même : impossible dans les deux cas pour l’automobiliste de savoir exactement ce que cache le danger signalé ; aucune précision ne lui sera fournie sur la nature du risque à venir !


Radars : le nouvel arsenal

Depuis 2011, l’Etat met en place à travers la France de nouveaux modèles de radars de contrôle… Des engins qui, en plus des radars pédagogiques, visent à réduire le nombre de morts sur les routes de l’Hexagone. Présentation des principaux dispositifs mis en place.

 

Radars vitesse moyenne (ou « radars tronçons »)

 

Conçus pour lutter contre le comportement dangereux des conducteurs qui freinent à l’approche d’un radar automatique puis repartent de plus belle une fois le dispositif franchi, les radars vitesse moyenne mesurent la vitesse moyenne d’un véhicule sur plusieurs kilomètres. Situés sur des portions de route ou d’autoroute dangereuses (virages, descentes, etc.) ou sur lesquelles un accident aurait des conséquences démultipliées (ponts, tunnels, viaducs, etc.), ils sont systématiquement annoncés par un panneau depuis le 15 février 2013.

 

Radars mobile nouvelle génération (ou « radars embarqués »)

 

Ces appareils embarqués par les forces de l’ordre à bord d’un véhicule banalisé, photographient, sans flash visible et en roulant, les véhicules en grand excès de vitesse (dès 146 km/h sur autoroute, 124 km/h sur une voie express, 102 km/h sur une route nationale ou départementale ou 61 km/h en agglomération selon le site de la Sécurité Routière). Les contrevenants sont verbalisés depuis le 15 mars 2013.

 

Radars discriminant

 

Ce dispositif vise tout spécialement les chauffeurs routiers contrevenants. Sa particularité ? Il peut différencier les voitures des poids lourds et repérer sur quelle voie de circulation se trouve le véhicule en infraction. Au 1er mai 2013, 150 radars discriminants ont été déployés sur les axes où le trafic poids-lourds est important.

 

Radars chantier

 

Encore en phase d’expérimentation jusqu’au mois de septembre 2013, les radars chantier sont destinés à mieux protéger les usagers et les services amenés à intervenir sur les autoroutes. Haut-perchés, mobiles et paramétrables selon les zones de chantier à couvrir, ces dispositifs devraient permettre de sanctionner, dès leur entrée en vigueur, tout automobiliste en infraction de vitesse. Expérimentés depuis mars 2012, ils entreront en vigueur dès le mois de septembre 2013.

 


Les radars feu-rouge

Mis en service le 3 juillet 2009, ces radars, situés aux abords des carrefours, à hauteur des feux rouges, visent à réduire le nombre d’accidents « en assurant le strict respect des feux tricolores ». A son franchissement, le véhicule en infraction est pris en photo à deux reprises :

 

- le premier cliché vise à prendre fait de l’engagement du véhicule,

- le second montre la position de ce dernier au milieu du carrefour. Les deux photos sont ensuite transmises aux policiers et gendarmes du CACIR (Centre automatisé de constatation des infractions routières), qui analysent et attestent l’infraction.


 

 

 

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