[TRIBUNE] « Norme WLTP : les vraies questions à se poser pour votre TCO… »

Par Fabien - Publié le 30/04/2019, mis à jour le 02/09/2019 

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Fiscalité, environnement, maîtrise des coûts… 2019 est une année charnière pour les gestionnaires de flotte, qui sont confrontés à de réels bouleversements. Stéphane Montagnon, fondateur et associé chez holson*, nous en dit plus.

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« Deux événements principaux viennent perturber l’équilibre des flottes automobiles d’entreprise : la mise en place de la norme d’homologation WLTP et la chute du marché du Diesel (neuf et occasion).

 

La mise en place du WLTP concerne l’ensemble de la chaîne de valeur, à commencer par les constructeurs, dont les offres sont sensiblement perturbées par cette entrée en vigueur : positionnement rédhibitoire de certains modèles en CO2, disparition ou ajustement techniques de certaines motorisations, non homologation de certains véhicules.

 

Pour les entreprises, la mise en place du WLTP aura l’immense vertu d’avoir une mesure plus proche de la réalité en ce qui concerne les consommations de carburant et donc les émissions de CO2. A court terme, cela crée une incertitude, car le cadre fiscal actuel (TVS, malus, amortissement non déductible) est indexé sur les émissions de CO2. Ainsi, en passant de NEDC corrélé (l’homologation prise en compte pour 2019) à la WLTP, les véhicules vont voir leur niveau d’homologation augmenter de 10 à 25 g de CO2/km.

 

 

 

« La performance d’une flotte n’est plus dans la prédiction du marché »

En parallèle, la chute continue des ventes de Diesel provoque une hausse des loyers et rend les motorisations essence compétitives. Face aux incertitudes, la performance d’une flotte n’est donc plus dans la prédiction du marché, mais dans l’adaptation au contexte mouvant. Il est illusoire de prendre des décisions de long terme en pensant avoir la juste prédiction.

 

TCO : une hausse de plus de 25 % pour les principaux véhicules ?

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La norme WLTP permettra d’y voir plus clair sur les performances réelles des véhicules… Sans surprise, les émissions de CO2 théoriques vont donc augmenter. Si le cadre fiscal ne change pas, le passage au WLTP représentera une hausse jusqu’à 25 % du TCO des principaux véhicules du marché (VP). L’amélioration de la pertinence des informations est un bénéfice, mais la transition risque d’être brutale pour les entreprises, car les bases de calcul de la fiscalité n’ont pas encore changé :

 

- Plus de CO2, donc plus de taxes. Les véhicules vont connaître (ou subir) des émissions de CO2 en hausse (ou en forte hausse). En France, la fiscalité automobile des entreprises est principalement indexée sur le CO2. Davantage de CO2 à l’homologation signifie davantage de taxes (TVS, malus, amortissement non déductible).

- Un effet démultiplié par la transition du diesel vers l’essence. Si toute la fiscalité pousse à émettre moins de CO2 et à choisir du diesel plutôt que de l’essence, le diesel n’a pas plus la cote dans les villes. WLTP + essence, les extrapolations de nombreux modèles font passer la barre fatale des 140 g CO2/km (2300 € de malus, une TVS de 2000 €/an et un amortissement plafonné à 9 900 €).

- Plus d’essence, donc plus de carburant. Les motorisations essence consomment plus en l/100 km que les diesel. La transition rapide qui s’opère actuellement va donc voir « exploser » le poste carburant, diminuer la TVA récupérable (la mesure d’équilibrage avec le Diesel n’est pas encore à plein régime à ce stade). L’impact sur ces postes sera de +25 % à +40 %.

 

Ajoutez à cela le flou fiscal de fin d’année sur la TVS, la TICPE et la bascule de NEDC corrélé en WLTP et vous comprenez à quel point les arbitrages des responsables de flotte sont compliqués !

 

Comment le gestionnaire de parc doit-il se positionner face à tant d’incertitudes ?

Pour contraindre les coûts, il va falloir plus que jamais se montrer agile. La vague d’incertitude doit en effet inciter les acteurs gérant des flottes à élargir le nombre de leurs partenaires en jouant sur toutes les variables possibles : marques, modèles, durée de financement, loueurs et alternatives au diesel. Les constructeurs et les loueurs s’adaptent à ces nouvelles contingences de marché à des rythmes variés, créant ainsi des opportunités.

 

C’est donc le moment de sortir des dogmes, tels que la stratégie d’achat mono-fournisseur ou les rythmes d’appels d’offres préétablis. Il est impératif d’élargir son panel de fournisseurs (aussi bien loueurs que constructeurs), pour trouver les véhicules correspondant à chaque usage et le loueur le plus confiant sur sa capacité à bien revendre le véhicule dans 3 ou 4 ans.

 

La bonne dynamique des acteurs du Fleet management, dont holson fait partie, s’explique par le besoin des entreprises de trouver un acteur capable de gérer cette nouvelle complexité et cette charge de travail. Les conséquences de ne pas le faire se chiffrent entre 7 et 12 % de plus sur le TCO des véhicules.

 

Car policy : travailler main dans la main au sein de l’entreprise

Ce contexte de marché replace le gestionnaire de flotte au cœur de la construction de la car policy. En effet, il est celui qui connait le mieux l’usage du véhicule fait par les conducteurs. Il possède des données clés pour effectuer le profilage de la car policy. Plus que jamais, il doit aujourd’hui être au plus près de la Direction des Ressources Humaines et travailler main dans la main avec la Direction des Achats ou la Direction Financière.

 

Le second semestre 2019 s’annonce donc chargé pour les gestionnaires de flotte. Ils doivent en effet sonder réellement le marché en permanence, pour ne pas laisser échapper les opportunités qui pourraient émerger. »

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*holson est un acteur dédié à la performance des flottes automobiles.

Pour en savoir plus : http://www.holson.fr/

 

 

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