Comment aménager un véhicule pour un collaborateur handicapé ?

Par Sophie R. - Publié le 29/10/2018, mis à jour le 20/08/2019 

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Vos collaborateurs à mobilité réduite peuvent bénéficier d’aménagements de leur véhicule, afin qu’il soit adapté à leur handicap. Quelles sont les solutions à votre disposition pour les accompagner ?

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Les personnes en situation de handicap n’ont pas toujours la possibilité de conduire les véhicules tels qu’ils sont aménagés à l’origine. Des sociétés permettent donc de modifier l’accès à l’habitacle et d’ajouter/modifier des équipements afin de les adapter aux besoins spécifiques.

 

Véhicules pour personnes handicapées : des solutions adaptées

Il est aujourd’hui possible de conduire en restant assis dans un fauteuil roulant électrique ou manuel. Cela nécessite des aménagements dits « de décaissement », en supprimant notamment le siège conducteur. Lors de l’installation du conducteur dans le véhicule, il n’est donc pas nécessaire de réaliser de transfert (c’est-à-dire d’avoir à passer d’un fauteuil roulant à un siège conducteur), parfois contre-indiqué selon le handicap (tétraplégie, paraplégie, hémiplégie…).

 

Des systèmes de conduite alternatifs sont ainsi proposés par les installateurs. Ces solutions peuvent évidemment être personnalisées, selon le type et le degré de handicap :

 

- commande au joystick ;

- commande via une gâchette ;

- accélérateur placé tout autour du volant ou au niveau d’une manette à tourner, inversion de la pédale pour qu’elle se trouve à gauche…

 

D’autres aménagements, participant au confort et à la sécurité des automobilistes, sont aussi généralement prévus :

 

- une rampe d’accès ;

- un appui-tête modifié (pour les personnes pouvant se déplacer sans fauteuil roulant) ;

- un hayon automatisé ;

- des suspensions qui peuvent s’abaisser…

 

Une fois les aménagements réalisés, le véhicule doit recevoir l’aval des Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL, ex-DRIRE), l’autorité compétente pour l’évaluation des transports de personnes à mobilité réduite. Elle s’assurera par exemple du bon ancrage du fauteuil et de l’utilisation des points de fixation d’origine des ceintures de sécurité.

 

Quels véhicules choisir pour le transport de personnes à mobilité réduite (TPMR) ?

Les installateurs peuvent modifier toutes sortes de véhicules. Renseignez-vous avant auprès d’eux afin qu’ils vous conseillent sur les modèles sur lesquels ils peuvent intervenir. De manière générale, les Véhicules utilitaires légers (VUL) répondent bien aux problématiques liées aux aménagements. Homologués, ils sont également reconnus par les compagnies d’assurance.

 

Autre élément à prendre en compte : privilégiez l’embrayage automatique. Il facilite grandement l’accès à la conduite des personnes en situation de handicap, même léger. Enfin, l’arrivée des véhicules autonomes ouvre de nouvelles perspectives favorables pour les prochaines années.

Quelles aides peuvent être obtenues ?

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Les coûts générés par l’achat d’un véhicule adapté et les travaux d’aménagements peuvent vite faire grimper la facture. Des aides, à demander avant l’achat et l’intervention des installateurs, peuvent être mises en place. Sous conditions et généralement plafonnées, ces incitations financières cumulables sont à étudier attentivement :

 

- l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) propose une aide de maximum 5 000 € sur 5 ans à condition que le véhicule soit indispensable pour l’exercice d’un emploi dans le secteur privé, une formation professionnelle ou la conservation d’un emploi ;

- le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (Fiphfp) s’adresse pour sa part, et comme son nom l’indique, aux personnes travaillant dans la fonction publique ;

- la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), organisme associé aux Maisons départementales des personnes handicapées, peut attribuer jusqu’à 5 000 € sur 5 ans de prestations de compensation.

Formations : des permis prévus pour les personnes à mobilité réduite

Peu d’auto-écoles proposent la conduite dans un véhicule adapté, avec un joystick comme commande (le moniteur doit être spécifiquement formé). Dans une optique d’intégration de vos collaborateurs, accompagner les démarches pour ce type de prestation peut néanmoins s’avérer être une bonne idée. En les incitant à passer le permis de conduire et en les aidant dans la phase d’acquisition d’un véhicule, vous offrez aux salariés à mobilité réduite de nouvelles perspectives d’évolution. Ces changements participent au gain d’autonomie des personnes à mobilité réduite : un vrai plus pour eux, leur famille, mais aussi pour l’entreprise.

 

 

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